En l’espace de 12 mois, le taux d’endettement des ménages russes a grimpé de 25%. Cette hausse fulgurante ne suffit pas à alarmer les esprits les plus utopistes. Par contre, le chiffre annoncé par la banque centrale russe a de quoi donner le tournis. Aussi, les particuliers russes sont endettés à hauteur de 8 300 milliards de roubles. Soit un peu plus de 190 milliards d’euros. Une situation qui préoccupe de plus en plus le gouvernement du Kremlin…

La ruée vers le crédit

En effet, il vous suffit d’un passeport en bonne et due forme et de 2 minutes pour contracter un crédit à la consommation. Cette prouesse est rendue possible grâce à l’installation de petites machines dans les centres commerciaux et autres points stratégiques de Saint-Pétersbourg.

Un micro-crédit express qui a pour contrepartie un taux rédhibitoire de 365% ! Une condition qui n’empêche pas les couches les plus défavorisées d’y recourir pour être en mesure de boucler les fins de mois.

Une situation délicate qui inquiète le Ministre de l’économie Russe, Maxime Orechkine. Au détour d’une interview sur les ondes de la radio Echo Moskvy, il a confié ses craintes de voir les choses empirer. Selon ses dires, 2021 pourrait être une année explosive si rien n’est fait pour freiner cette tendance.

Heureusement, le jeune Ministre associe des actes forts à ses paroles. Il est déjà en train de travailler sur des mesures gouvernementales qui permettront aux personnes croulant sous le poids de leurs dettes de sortir la tête de l’eau…

Une répartition des dettes pour le moins alarmante

Le paradoxe en Russie, c’est que ce sont les ménages les plus pauvres qui contractent les crédits les plus importants. Alors qu’il est peu probable qu’ils respectent les échéances, ces ménages sont les plus endettés : 60% de leurs revenus servent à couvrir les frais de remboursement.

A l’inverse, les ménages appartenant aux classes moyenne et supérieure sont ceux qui évitent au maximum de s’endetter.

Il serait tentant de penser à durcir les conditions d’accès au crédit, mais ce serait ne pas tenir compte des singularités de l’économie russe.

Une population reléguée à l’arrière

2017 et 2018 ont été des années noires pour l’économie russe. Alors que le président en exercice, Vladimir Poutine, avait prévu un taux de croissance annuel de 4%, le Produit Intérieur Brut n’a augmenté que de 0,7%.

Aussi, sous le coup de sanctions économiques de l’Union Européenne et des Etats-Unis d’Amérique, l’économie russe peine à croître. De plus, n’arrive pas à soutenir ses 19 millions de citoyens qui vivent dans une extrême pauvreté.

Une situation en lien direct avec la hausse du taux d’endettement. Démunis, les citoyens recourent au crédit pour pouvoir assurer leurs charges fixes. Andreï Kolesnikov, politologue travaillant au centre Carnegie, pousse sa pensée plus loin. Il affirme que ce système de crédit est le moyen utilisé par l’Etat pour financer ses grands projets…

En début d’année, le président russe avait annoncé une hausse de la TVA, mesure obligatoire pour récolter les 400 milliards nécessaires au financement des chantiers nationaux.

Mais qu’adviendra t-il de la population surendettée ? Seul le temps répondra.

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