Que ceux qui n’ont pas encore entendu parler de finance verte lèvent la main ! En effet, très populaires, les offres bancaires qui promettent de préserver la planète poussent comme des champignons. Axe de communication ou réel impact ? Telle est la question que se pose tous les citoyens engagés. Heureusement, cet article est là pour éclairer leurs lanternes.

Un engouement des entreprises encore faible

Sur les 60 000 produits financiers actifs en Europe, seuls 500 portent le label vert. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les établissements financiers ne se bousculent pas sur ce type de placements.

Toutefois la situation n’est pas mieux en France. Au cours de l’année 2018, 74 fonds de capitaux de l’hexagone étaient labellisés Investissement Socialement Responsables (ISR). Ensemble, ils géraient environ 23 milliards d’euros, un chiffre encore très faible par rapport au flux financier français.

Et que dire des fonds engagés dans la transition énergétique ? Seulement 18 ont la labellisés Greenfin. Créé par la loi de Transition Énergétique (TECV), l’obtention de ce label est soumise à la possession de fonds d’action inscrits en bourse, à un réinvestissement dans des sociétés écoresponsables et à l’injection de capital dans des sociétés non cotées.

Enfin tous les experts s’accordent sur un point : le label Greenfin est celui ayant le plus d’impact sur l’environnement. Malheureusement, c’est aussi celui qui intéresse le moins les grands groupes.

De par ses nombreuses conditions, il ralentit la production de bénéfices et ne peut être rentable qu’après plusieurs années. Une situation difficile à accepter pour de nombreux investisseurs qui privilégient les gains à courts termes.

Une réglementation pas assez peaufinée

Tous les torts n’incombent pas intégralement aux organismes financiers. Les lois en vigueur ont de la peine à suivre les changements en cours.

Aussi, en s’attardant plus sur les gestionnaires d’actifs que sur les organismes eux-mêmes, les lois se détournent de l’encadrement des responsabilités sociétales et environnementales.

Certes, chaque entreprise est tenue d’adopter une politique RSE. Mais la publication de rapports et la conduite d’activités y attenant reposent essentiellement sur le volontariat. Sans surprise, les rapports ne se suivent pas dans le temps et ne mesurent pas les indicateurs de façon régulière.

Une situation inacceptable pour les gérants de fonds qui requièrent des référentiels homogènes, suivis dans le temps, et faciles à décrypter.

En réponse à cette préoccupation, l’Union Européenne a présenté un plan finance climat dans le but d’offrir une structure commune à la RSE de toutes les entreprises. Par ailleurs, cette dernière permettra de comparer les différentes structures et la portée réelle de leurs impacts.

Néanmoins, comme le relève Marie-Pierre Peillon, directrice du département recherche & stratégie ESG au sein du groupe Groupama Asset Management, ce ne sont que des suggestions, pas des obligations. Finalement, les entreprises sont libres de les appliquer ou pas.

Sur un air de country…

La finance pro-climat est un domaine tellement complexe que de plus en plus, les experts craignent une adoption de la SASB, le procédé de normalisation américain. Un comble quand on se rappelle que les Etats-Unis se sont opposés à l’accord sur le climat de Paris !

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